27 avril, 2010

De la charité.

Il y a quelques temps, il m'est venu une réflexion sur la charité pendant que je faisait mes manips. J'entends souvent, ou j'ai souvent entendu certains refuser de donner de l'argent aux SDF, leur proposant au contraire de leur acheter un sandwich. Ils, ou elles, justifient cette attitude par le refus de favoriser un prétendu "alcoolisme" des SDF.

Mais de quel droit ?

Est-ce que le fait d'être SDF induirait automatiquement une irresponsabilité quelconque ? Irresponsabilité que je prends ici au sens juridique du terme : est-ce que le fait d'être SDF induirait une incapacité à prendre des décisions pour soi-même ? Bien sûr, un bon nombre de SDF le deviennent du fait d'une maladie mentale particulière. D'autres sont simplement victimes du système économique. Certains auraient même choisi de vivre ainsi. Si le premier  exemple jette une lumière crue sur la façon dont nos sociétés soi-disant civilisées traitent la maladie mentale, les deux suivants n'appartiennent pas à cette catégorie. Et comment poser un diagnostic tel que celui-ci en deux minutes ? Surtout que la majorité des badauds n'est pas, loin de là, psychiatre.

L'attitude que je décris plus haut est symptomatique de la charité chrétienne : on veut bien aider ceux qui sont dans le besoin, mais on s'autorise un jugement moral, et surtout on se sent supérieur. Il est aussi typique d'un manque d'imagination : celui ou celle qui est en position de "faire la charité" n'imagine pas un instant que, les circonstances de la vie étant ce qu'elles sont, les positions soient un jour inversées.
Pour moi, face à quelqu'un qui fait la manche, le choix est simple : donner, ou pas. Mais en tout état de cause, je me refuse un jugement et surtout, je refuse l'attitude paternaliste qui consiste à refuser au mendiant de faire ce qu'il veut avec ce que je lui donne. C'est lui enlever la dernière chose qu'il lui reste : sa dignité. C'est lui faire une insulte presque mortelle. C'est pire, à mon avis, de soumettre son don à une condition que de refuser de donner. Accepter ou refuser de donner est bénin, en définitive : le don ne sera jamais tel que la vie du mendiant en sera à jamais bouleversée. Par contre, soumettre le don à ce chantage moraliste crée un dommage bien plus terrible à l'amour propre du SDF. Une blessure qui peut à terme, la répétition de l'ignominie aidant, priver le SDF de la confiance en soi nécessaire pour rebondir.
Et je ne parle pas de l'absurdité médicale, de l'ignorance crasse de ceux qui refusent de donner un euro ou deux mais préfèrent aller acheter un sandwich au prétexte de "lutter contre l'alcoolisme". Si le SDF en question est déjà alcoolique, ce n'est pas cette attitude moraliste qui va l'en sortir : on ne sèvre pas une dépendance avec un sandwich, que je sache !




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16 avril, 2010

L'affaire Zemmour

Il y a quelques semaines, le Landerneau médiatique s'est excité par ce que l'on peut appeler "L'affaire Zemmour". Cette affaire est intéressante pour ce qu'elle révèle du mode de pensée médiatique. En fait, il y a deux affaires distinctes : Zemmour, sur France Ô a fait l'éloge de la discrimination à l'embauche. Sur Canal+, il affirme que les français d'origine maghrébine ou noire sont plus contrôlés parce qu'ils trafiqueraient plus. "C'est un fait" dit-il. Pour la seconde affaire, un procureur lui apporte même son "soutien". Disons plutôt qu'il confirme, par le biais de ce qu'il peut observer dans les tribunaux, les dires de Zemmour sur le nombre de petits trafiquants noirs et arabes. Ceci dit, et c'est important, il précise que les gros trafiquants ne sont, eux, quasiment jamais noirs ou arabes. C'est intéressant en ce que cela révèle : comme partout ailleurs dans la société, les gens d'origine immigrée sont des citoyens de seconde zone, des petites mains, y compris lorsqu'il s'agit d'être hors la loi. Plus sérieusement, si Zemmour n'avait pas été un raciste honteux, il aurait amendé son propos pour bien faire comprendre qu'il y a certaines conditions qui font qu'on devient un petit dealer de shit. Mais Zemmour est raciste : il le dit lui-même. D'accord avec Finkielkraut, il considère l'anti-racisme comme le nouveau stalinisme.
Son racisme se voit d'ailleurs bien plus dans sa défense des discriminations de toutes sortes que dans cette affirmation comme quoi la plupart des trafiquants seraient noirs ou arabes. Dans la première, Zemmour justifie une sorte d'apartheid à la française, dans la seconde, il ne prend qu'un raccourci intellectuel qu'un enfant de trois ans serait capable de démonter. Parce qu'entend-il exactement, par trafiquants, Zemmour ? Des grossistes, ou le petit dealer de cité qui fait ça pour arrondir les fins de mois ? À mon avis, le flou qu'il entretient est volontaire. Encore une fois, ce sont les mêmes méthodes que celles du FN, flatter une populace qui ne réfléchit pas, ou pire, qui refuse de réfléchir.

Ce qui m'étonne, moi, c'est que le scandale à l'air de se jouer uniquement sur cette histoire de trafiquants. Bizarrement, personne, à part le CRAN, ne le reprend sur son éloge de la discrimination. Et de me poser une question : serait-ce par ce que l'on ne voudrait pas, en tant que société, regarder de trop près ce qu'il se passe derrière les portes des agences de recrutement ou des DRH ? Parce que le vrai scandale dans les propos de Zemmour, c'est là qu'il réside. Et pas mal de crier à l'atteinte à la liberté d'expression de Zemmour, mais rien, là encore ses propos sur la discrimination.

P.S: Je n'ai pas de liens. La flemme. Et puis, vu le bruit fait autour de cette affaire, chacun aura pu trouver des documents qui la relatent.




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21 février, 2010

BHL ou l'éthique à géométrie variable.

Il s'est récemment ridiculisé, avec cette affaire de Botul. Bien évidemment, en pape de la médiocrité, il n'a pas pu s'empêcher de proférer l'équivalent adulte (je n'ose dire philosophique en ce qui le concerne) d'un argument de cour d'école : en gros, lui l'immense BHL ne le savait pas, que Botul était un personnage fictif, une farce. Mais il ne serait pas le seul, Aude Lancelin aussi. Celle-ci lui répond d'une manière assez singlante, je dirais. Le garçon aggrave son cas : il est démasqué, et cela ne lui plaît pas. Là où je trouve que cela est comique c'est qu'il ne se prive jamais d'insulter, d'insinuer les pires saloperies chez ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. Là, il  est prit la main dans le pot de confiture, et il est tout surpris qu'un journal, au moins, refuse de regarder ailleurs. Pauvre petit.

En ce moment, je lis "Les éditocrates..." de Chollet et al. Le passage concernant BHL est savoureux, je trouve. Il y a chez ce personnage, exactement tout ce que Paul Nizan dénonçait dans "Les chiens de garde". Avec en plus une propension à dire n'importe quoi qui frise des hauteurs Himalayesques. Bien sûr, rien que je ne sache déjà dans ce bouquin, mais il a l'avantage d'offrir un condensé des turpitudes BHLesques. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce garçon ne s'embarrasse en général pas de la réalité. Ni de cohérence, d'ailleurs. Que les russes tuent des civils en Tchetchénie ou en Géogie est un scandale pour BHL, et on est bien d'accord : toute armée qui tue des civils (et donc toute armée, en fait) est criminelle. Mais, pour BHL, il existe une exception : les forces de défenses israéliennes, qui elles, peuvent balancer des mines sur tout le Sud du Liban, raser Gaza impunément. Pour BHL, les militaires israéliens sont, pour une raison que j'ai du mal à saisir, exempts de toute tâche. En fait, la morale ne s'implique tout simplement pas à eux. Bien sûr il ne peut le présenter de cette façon : la manipulation serait trop voyante. Encore que, avec BHL, plus c'est gros, plus sa passe. Or, donc, quand les artilleurs israéliens tirent sur le Sud-Liban, c'est avec le souci d'éviter les civils. Quand on sait que certains des obus tirés contenaient des mines anti-personnel, on ne peut que rigoler. Toutes les statistiques le montrent : les mines anti-personnel mutilent ou tuent beaucoup plus de civils que de militaires. Où, dans ce cas, est le souci d'éviter les civils ? Quand une ville est rasée, quand des écoles ou des centres de réfugiés du UNHCR sont bombardés sous prétexte qu'ils servent de cache au Hamas, les civils n'en ressentent pas les effets, peut-être ? Bien sûr, il est tout à fait possible, même probable, que le Hamas se soit servit de la population gazaouie comme "bouclier humain". Mais en aucun cas cela ne peut être une excuse : car enfin, pour quelques roquettes tirées, on ne détruit pas une ville, à moins d'être barbare. Et, si l'on sait que des civils seront utilisés comme otages de fait, on ne tire pas dans le tas, si l'on clame que l'on veut libérer les gazaouis du Hamas. À moins, bien sûr, que la vie d'un palestinien ne vaut, aux yeux d'un militaire israélien, rien ?

En se basant sur les faits, on voit que toutes les distorsions, toutes les tartufferies BHLiennes ont un point commun : justifier l'oppression. Ou plutôt, promouvoir un point de vue occidental, libéral (au sens français du terme : le renard libre dans le poulailler libre). Et tant pis si la réalité contredit l'agence de propagande qu'est devenue BHL. Tant pis si BHL, en se transformant en communiquant des généraux en Algérie aide à justifier la mise en place d'une dictature larvée, tant pis si ces publireportages en Israël justifient la destruction lente mais inéluctable de la culture palestinienne. En fait, BHL, qui accuse les manifestants anti-OTAN d'avril 2009 de meurtre par procuration, rien de moins (une accusation purement fantaisiste d'ailleurs) est lui,  directement complice des tortures qui ont eu lieu en Algérie de 1994 à 1999, il est complice du meurtre de masse de milliers de palestiniens ou des bombardements, de civils, soit disant des erreurs, par l'OTAN en Afghanistan.

Et un tel personnage oserait s'ériger en père la morale ?


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07 février, 2010

L'emballement

Bon, je vais y aller de mon billet aussi, tiens. Alors c'est marrant, tous ces gens qui s'emballent et qui viennent faire la leçon au NPA. J'ai tendance à trouver qu'il y a un peu deux poids, deux mesures. D'abord, comme le fait remarquer CSP (voir le lien qu'il fait vers Echirolles), il y a déjà eu des élues voilées en France. Qui plus est sur des listes de gauche. D'autre part, et cela m'interpelle encore plus, quand des types comme Longuet, Madelin (anciens d'Occident) ou Daniel Simonpieri (ancien du FN) font acte de candidature, il n'y a pas la moitié du raoût que l'on a observé ces jours derniers. Et on dira ce que l'on voudra, mais cette nana, pour voilée qu'elle soit, est moins dangereuse pour la "République Laïque" que ne l'ont été les trois tristes sires suscités lorsqu'ils étaient membres qui d'un groupuscule fasciste qui n'hésitait pas à user de violence qui d'un parti dont le chef est un antisémite notoire. Et je ne parle pas du président qui est le premier depuis x temps a accepter d'être Chanoine à Saint-Jean-de-Maurienne, qui prétend qu'au plan des valeurs morales le "prêtre sera toujours supérieur à l'instituteur". Là aussi, on n'a pas entendu la moitié du barouf fait par nos "élites".

Non, le vrai problème n'est pas que cette dame soit voilée. C'est son problème, à elle de résoudre la quadrature du cercle qui revient à revendiquer une religion et à militer dans une organisation dont pas mal d'adhérents (pas tous, le NPA n'est pas la LCR, enfin je crois) considèrent les religions comme un moyen d'endormir les travailleurs (un opium du peuple). Ce n'est même pas que le NPA l'est choisie. Là encore, à eux de définir leur stratégie pour s'imposer dans les couches populaires. D'ailleurs, cela ne relève peut-être même pas d'une stratégie quelconque. Je ne sais pas comment sont investis les candidats du NPA, mais je n'ai pas de mal à imaginer que le processus soit plus démocratique qu'à l'UMP ou au P"S". Peut-être, simplement, les militants du NPA de la région où elle se présente ont décidé qu'elle était une candidate valable et qu'ils l'ont donc approuvé à ce poste. Franchement, je n'en sais rien. Et je m'en contrefous, en plus. Non, ce qui est intéressant, c'est la façon  qu'ont eu tous les autres partis de littéralement sauter sur l'occasion pour casser du NPA. Il y en a, à droite comme à gauche, auxquels le NPA donne des sueurs froides, apparemment. Si cela peut rappeler au P"S" ce que la gauche veut dire, ce serait pas mal. Mais au vu de leurs délires, je me fais peu d'illusions.

Autre chose d'intéressant, c'est la constante dénonciation d'Olivier Besancenot comme l'instigateur de cette candidature. Pas mal de politiques et de journalistes (dans le second cas cela m'étonne moins) ne semblent pas avoir compris ce qu'est un porte-parole. Besancenot n'est pas sensé avoir ce pouvoir de désignation qu'on lui confère. Mais je suppose que le fait que le NPA ait accepté les règles du spectacle a joué un rôle là-dedans : en passant chez Drucker, il s'est jeté soi-même en pâture à la machine. Et il a autorisé les pisse-copies à analyser le NPA comme n'importe quel parti dans lequel les luttes internes pour la recherche du pouvoir ou de la popularité font office de programme.


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De l'Europe

J'ai quitté la France en Octobre 2002, soit il y a un peu plus de sept ans maintenant. Quand j'y retourne, je vais uniquement voir ma famille. Fini les escapades à Lyon et à Clermont-Ferrand où j'ai fait mes études. Les amis français que je retrouve sont des amis d'enfance. Je n'ai quasiment plus de connaissances ni à Lyon, ni à Clermont-Ferrand. Pourquoi je parle de ça ? Ce n'est pas un accès de nostalgie (encore que...). C'est simplement que je fais le constat que je me sens d'abord européen. Bien sûr, certains aspects de la France me manquent, mais d'autres non. Par exemple, et même si je ne me fais aucune illusion sur leur rôle dans la société, les policiers britanniques ont tendance à être, en général plus polis que leurs homologues français. Ils ont tendance à moins tabasser, aussi. Il faut dire qu'ici, si ils ont le malheur d'essayer, ils ont vraiment des embrouilles, pas comme en France où les syndicats de poulets se sont fait une spécialité de défendre l'indéfendable et où le pouvoir politique n'a d'autre désir que de salir la mémoire des victimes de bavures policières. Enfin, c'est un aspect de la France qui ne me manque pas, quoi.

Donc étant "expatrié" depuis pas mal de temps, j'en suis venu à repenser ma position sur l'Europe. Soyons clairs : l'Union Européenne, telle qu'elle se construit aujourd'hui n'est pas nécessairement ma tasse de thé. Je préférerais de loin une Europe sociale, à celle que la commission européenne et partant le conseil des ministres européens sont en train de construire. Je préférerais une Europe construite par et pour les citoyens européens. Une Europe dont le moteur ne serait pas uniquement l'intégration économique mais bien l'unification derrière des valeurs communes, à charge aux différents peuples européens de définir ce qu'ils entendent par ces valeurs. Une europe fédérale, mais dans laquelle l'opinion et l'intérêt des citoyens sont réellement prise en compte.

Or, on ne peut constater que ce n'est pas le cas : certaines lois qui avaient pour but de protéger les consommateurs européens ont été annulées par la commission européenne, ou cette commission a du moins essayé de les annuler, comme dans le cas de la libéralisation du commerce de médicament. D'autres vont introduire encore plus de confusion avec l'abandon du système métrique obligatoire sur les paquets de denrées[en], au nom du sacro-saint commerce avec les États-Unis, l'un des trois pays, avec le Libéria et la Malaysise qui n'ont pas adopté le système international (SI).

À mon humble avis, pour que cette opinion et cet intérêt soient réellement pris en compte, les structures décisionnelles européennes doivent être modifées. On voit déjà que celles des États membres n'ont de démocratiques que la façade quand, par exemple, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie (parmi d'autres) ont pris part à la guerre illégale contre l'Irak malgré les opinions publiques de ces pays, toutes quasi-unanimement opposées à cette guerre. Au niveau européen, c'est encore pire : jusqu'à très récemment, les députés européens, les seuls élus, étaient là pour la galerie. Seuls la commission et les différents conseils des ministres avaient un réel pouvoir (aucun commissaire européen n'est élu, et les ministres de certains pays, comme la France, ne le sont pas non plus). Or quelle est la légitimité de ces instances ? L'autre problème est le poids immodéré des lobbys, dont l'activité est considérée comme normale à Bruxelles et qui tend à devenir honorable en France, où une lobbyiste pour le contrôle du net s'est même vue décorée. Pour moi, seuls les organisations représentant des citoyens (ONG, syndicats...) devraient pouvoir faire du lobbying, et encore, de manière totalement transparente (ce qu'elles font en général : c'est dans leunr intérêt de faire connaître leurs positions aux citoyens), par contre les entreprises, les organisations patronales et les associations professionnelles, elles doivent être éliminées de ce processus. Leurs méthodes de lobbying ne sont absolument pas transparentes, s'apparentent souvent à de la corruption. Enfin, elles nient les intérêts des peuples au profits d'intérêts particuliers qui ont tout sauf pour objectif d'augmenter la démocratie.

Peut-être qu'il serait temps pour les citoyens européens de réfléchir à l'Europe qu'ils veulent, avant que l'on décide pour eux de la façon dont celle-ci sera faite.


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12 janvier, 2010

Daniel Bensaïd est mort, Jean-Marc Rouillan se meurt en prison.

Daniel Bensaïd est mort, c'est triste. D'autant plus qu'il restait l'un des derniers intellectuels à ne pas plier devant le pouvoir et les avantages qu'un ralliement au capitalisme lui aurait sûrement valu. Un penseur qui meurt donc, et c'est triste. Surtout qu'à part Alain Badiou, ceux qui restent, comme Finkielkraut, ont érigé la discussion de comptoir en discours philosophique...

Pendant ce temps, un autre homme croupit en prison alors qu'il est atteint d'une maladie orpheline qui va progressivement l'incapaciter. C'est Jean-Marc Rouillan. Après quelques mois de semi-liberté, il a été remis en prison suite à une phrase parue dans l'express. Certains lui reprochent son refus de se "repentir", ce que, et c'est vrai, sa phrase laissait entendre. Je le cite pour mémoire :
Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique
Donc, oui, Rouillan ne se repent pas d'avoir tuer René Audran et Georges Besses. Cette phrase lui a valu d'être réincarcéré car elle constituerait une apologie de la lutte armée. Là, par contre, désolé, mais je ne vois aucune apologie, simplement une absence de regrets. Ce prétexte est d'autant plus malhonnête que Rouillan a bien exprimé des regrets, mais ceux-ci concernaient l'erreur stratégique de choisir la lutte armée quand les temps ne s'y prétaient pas. En gros, l'erreur d'action directe a été de se fourvoyer dans l'avant-gardisme. Justifier, alors qu'il est malade, le maintient en détention de Rouillan ? C'est tout simplement criminel, comme il l'a été de maintenir en détention Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon et Georges Cipriani, que la prison a rendu fou.  Bien plus, cela jette une lumière crue sur le genre de justice qui existe en France : Papon (qui n'a d'ailleurs été jugé que pour ses crimes durant la seconde guerre mondiale, ceux qu'il a perpétré dans l'Oranais et à Paris de 1954 à 1962 n'ont jamais été poursuivis car ils sont amnistiés) n'a jamais exprimé le moindre regret d'avoir envoyé des centaines d'individus vers une mort quasi-certaine simplement sur la base de leur religion supposée. Or il a bénéficié d'une liberation pour raisons humanitaires très vite, lui. Nathalie Ménigon, au contraire, aura dû attendre d'être au seuil de la mort, paralysée de tout un côté du fait de plusieurs infractus avant que ses demandes soit enfin acceptées. Il est certain qu'elle demeurait encore dangereuse, à moitié paralysée. Et que dire de Georges Cipriani ? La plupart du temps, il ne doit même pas savoir qu'il est en prison. Quel est le "sens de la peine" infligée à quelqu'un dans cet état si ce n'est celui d'une vengeance barbare de l'Etat contre un de ceux qui ont osé le défier.

Maintenant, on me dira certainement que, oui, c'est bien beau tout ça, mais ils ont quand même tué Audran et Besses. Alors je vais être clair : les tuer étaient une connerie sur un plan politique, comme sur un plan humain. On ne peut vouloir une société meilleure en la bâtissant sur des cadavres, elle sera foncièrement bancale (même si le contexte joue, bien sûr : je ne trouve rien à redire à l'assassinat de Carrero-Blanco  par ETA ou aux tentatives d'assassinat de Franco par mes camarades des JJLL). Ceci dit, la bien-pensance petite bourgeoise voudrait limiter la politique à des discussions policées sur la meilleure façon de gérer le capitalisme, et partant d'exploiter les véritables créateurs de richesses : les travailleurs. Or, non, il y a bien luttes des classes. Il y a bien des ennemis. Pas des adversaires. Des ennemis. Et Audran et Besses en étaient, de ces ennemis. Alors, même si les tuer était une connerie, même si un révolutionnaire sérieux ne s'empêcher de penser qu'éliminer physiquement deux individus qui bien qu'adhérant au système n'en étaient que des rouages ne peut en aucun bénéficier à la cause ; je ne vais pas pleurer sur leur sort.


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09 janvier, 2010

La "pureté" idéologique

J'ai été, comme tout le monde je suppose, chez mes parents pour ce noël. C'est quelque chose que j'apprécie particulièrement, parce qu'en plus de mes parents, je revois mes amis d'enfance. C'est toujours intéressant de voir comment la vie a tourné pour chacun d'entre nous. La plupart sont casés, la plupart ont des gamins, il y en a même un qui est maire. Bref, à différent niveaux, nous avons tous évolué. Ceci dit, parmi tous mes potes, un est resté, ou plutôt est devenu un peu pénible sur les bords. Il a beau avoir trente cinq ans bientôt, il reste sur des positions politiques sans nuances comme regretter la disparition des épiceries au profit des grandes surfaces ; sans toutefois analyser les changements de la société qui ont favorisé cette mutation comme le travail des femmes, l'éloignement de plus en plus grand du lieu de travail et de l'habitat, les nouvelles formes de familles. Tous ces changements font que l'on a généralement moins de temps à consacrer aux achats. Alors oui, un certain lien a pu disparaître, oui, dans certains cas, la qualité des aliments s'en ressent (mais pas toujours à mon avis). Mais d'une part si l'épicier sympathique a pu exister, l'épicier poujadiste, nostalgique de la peine de mort et électeur du FN (ou de l'UMP de nos jours c'est la même chose) aussi. Se renfermer dans cette nostalgie type "c'était mieux avant" n'apporte rien. Quand j'ai fait remarquer à ce pote que ses positions étaient par trop caricaturales, il m'a sorti que mes gamins finiraient "à l'héro à cause d'internet". Sans mentir. Une réponse qui m'a laissé coi : en général devant des arguments qui insultent mon intelligence, je me tais. Pourquoi perdre du temps ? Et la moindre des ironies n'est pas qu'il utilise internet, aussi. Il lit même des blogs. Je sais que la contradiction fait partie de la vie, mais parfois, il est bon de s'arrêter et de réfléchir

Et il n'est pas le seul a se fourvoyer dans une "pureté" qui à certain moment, ne devient plus qu'un prétexte à l'inaction. Chez les anars, c'est hélas un phénomène fréquent, on appelle ces camarades des gardiens du temple. À Clermont-Ferrand je l'ai vécut au niveau du groupe, mais aussi au niveau de l'organisation toute entière. Je ne vais rentrer dans des détails insipides pour qui n'est pas au fait de ce que peut être une orga anar. Simplement, dans tous les cas, les querelles sont ridicules par rapport aux enjeux. Et pendant qu'un précieux temps est perdu qui pourrait être utilisé à élaborer des stratégies qui aient une chance d'être opérantes, le monde bouge. Et sans propositions à court terme, applicables dans le cadre et après une lutte relativement limitée, personne n'écoute. Trop souvent j'ai lu des articles du Monde Libertaire qui dénonçaient avec raison certaines injustices se terminer par "ce problème sera résolu après la révolution". C'est peu dire qu'une telle phrase signifie simplement que l'on n'a aucune proposition à faire. D'autres camarades s'illusionnaient sur le fait que les luttes permettaient à certaines formes d'organisation d'être expérimentées ou qu'ils avançaient les pratiques anarchistes dans les assemblées générales. Là encore, si cela a pu être vrai sur le moment, rien n'a permit de fixer ces pratiques dans la durée. Évidemment, un tel processus est lent, mais, bien plus, il ne peut être achevé par des luttes sporadiques. Il faut une structure qui permette de fixer ces fonctionnements, et il faut que cette structure soit en phase avec la perception qu'ont nos concitoyens de leur vie et avec leurs aspirations à plus ou moins long terme. Bien sûr, cela introduit un risque : on peut tout à fait imaginer une structure au fonctionnement libertaire mais dont le visées sont tout sauf libertaires : racistes, par exemple. C'est ce qui s'appelle se confronter à la réalité. S'il est vrai que les luttes augmentent la conscience politique des individus, un tel phénomène devrait, on l'espère, rester marginal.

D'autre part, même si un individu donné acquière une nouvelle perspective après une lutte ou un évènement particulier, une fois ceci terminé, les problèmes du quotidien, tout sauf triviaux, reprennent le dessus. Mépriser cela est une erreur. Je ne suis plus militant depuis plus de dix ans, après quelques années d'un militantisme intense et ma compagne n'est pas et ne sera jamais une militante politique, même si elle est profondément de gauche. Cela m'a permit d'avoir une nouvelle perspective. Trop souvent les militants qui ont la tête dans le guidon méprisent ceux de leurs camarades qui ne sont pas comme eux sur ce point, de plus ils ne peuvent comprendre que "le quotidien" si fade qu'il puisse être est un combat de tous les jours pour beaucoup d'entre nous.

À défaut de comprendre cela, les anars qui appellent une révolution de leurs vœux ont le même genre d'attitude que les religieux. C'est peu dire que l'on attend mieux de gens qui se prétendent rationnalistes.


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14 novembre, 2009

Les fantasmes nauséabons d'Éric Raoult.

Éric Raoult se rappelle à nos bons souvenirs, ce triste sire, qui est passé par Occident et autres avant d'éructer des propos homophobes et de réclamer le retour de la peine de mort, cet idiot qui réclamait que les membres du groupe NTM "rentrent chez eux" alors que ces derniers sont français nous démontre à nouveaux que les fantasmes d'extrême-droite de sa jeunesse ne l'ont jamais vraiment quitté. Comme les vieilles badernes traitant les afghans fuyant la guerre de déserteurs dont j'ai parlé précédemment, il aimerait bien militariser toute la société. Et surtout que les intellectuels marchent au pas et se taisent afin de ne pas ternir "l'image de la France". C'est quand même marrant, non ? Des journalistes révèlent que des soldats américains pratiquent la torture en Irak, les politiciens américains aimeraient que les journalistes ne puissent pas rapporter de tels faits ; un gouvernement français organise la chasse au sans-papiers, maintien des enfants dans des zones de non-droits (les zones d'attentes) et il faudrait que ceux qui jugent cela monstrueux (dont je suis) se taisent. Mais où est la responsabilité, ici ? Chez ceux qui commettent ces crimes (soldats américains) ou délits (policiers de la PAF) ou chez ceux qui, au nom de l'humanisme, dénoncent ces crimes ? Poser la question, c'est y répondre. Et c'est parfois un devoir moral de désobéïr aux lois quand celles-ci conduisent à des situations insupportables.
Oui, Marie NDaye à raison, la France sarkozyste, les sarkozystes en général sont monstrueux. Le dire, c'est faire œuvre de salubrité publique. Quand les campagnes électorales de l'UMP se résument à exacerber le racisme et la peur, elles ne ramènent pas les électeurs d'extrême-droite dans le "giron de la république", elles érigent les idées les plus ignobles qui soient en programme politique acceptable. De fait, quand Le Pen dit que le FN perd les élections mais que ses idées, elles, gagnent, il a raison. Les idées du FN sont actuellement au pouvoir, appliquées par un parti soi-disant démocratique mais dont les pratiques quotidiennes montrent avec quel sérieux il faut prendre ce dernier adjectif concernant l'UMP.


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25 octobre, 2009

Deux choses, très vite.

La première, c'est qu'on savait que certaines vieilles ganaches n'ont toujours, comme disait Einstein, qu'une moëlle épinière et pas de cerveau. C'est une fois de plus confirmé. Deux vieux généraux, le cul bien au chaud en France, et qui par ailleurs, comme tout général qui se respecte, sont prèts à envoyer n'importe qui au casse-pipe pour des idées aussi fumeuse que "la patrie", "la gloire" (la leur, le plus souvent) osent faire la leçon à des afghans qui toute leur vie ont vécu une vie plus dure que eux-mêmes n'en connaîtront jamais, tout bons militaires qu'ils aient été. Quand on a dix-neuf et qu'on est né en Afghanistan, on ne connaît qu'une seule chose : la guerre. Je trouve qu'il est normal d'en être lassé au bout d'un certain temps. Si ils veulent absolument participer à la "reconstruction de l'Afghanistan",  dont les bombes que l'OTAN largue "par erreur" (un peut trop courante l'erreur) sur les villages Afghans en sont la principale marque de fabrique, ou si ils veulent lutter contre le terrorisme que ces mêmes bombes contribuent à fabriquer, qu'ils lèvent leurs culs rancis de leurs fauteuils et qu'ils y aillent !
Cette affaire me rappelle une vieille chanson très célèbre d'Eugène Pottier dont une partie d'un refrain dit :
"S'ils s'obstinent ces cannibales,
à vouloir faire de nous des héros,
ils sauront bientôt que nos balles,
sont pour nos propres généraux"
Une chanson qui vaut le coup, je trouve.

La deuxième c'est Besson qui voudrait faire chanter la marseillaise au mômes. Bien sûr ce triste sire ce défend de reprendre les idées du FN, ou plutôt, il considère que certaines de ces idées appartiennent au "champ lexical" de la République. Mais Benoît Hamon à raison, ces idées sont celles du FN. Donc fascistes. Ergo, celui qui les défend est un fasciste.
L'an prochain, il devrait y avoir des élections en France, et la droite nous ressort les mêmes tactiques : on flatte la frange des français la plus idiote pour récolter des votes. Je n'espère qu'une seule chose : c'est que ceux qui voteront pour eux s'en prendront plein la gueule, aussi.


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17 octobre, 2009

Ce type est méprisable.

Qu'il ait viré sa cuti et soit passé du PS à l'UMP n'est pas franchement quelque chose d'étonnant en soi. Cela s'appelle avoir un plan de carrière, c'est un peu comme un autre de ces sous-philosophes (Philippe Corcuff, allez voir au paragraphe "engagements"). Pour autant, cela reste méprisable et en dit long sur la nature des valeurs dont Besson se prétend le porteur.
Mais voilà, non seulement ce type fait le choix de la carrière politique au détriment des idées politiques, mais en plus il en rajoute dans la flagornerie et passe son temps à se recentrer : Philippe de Villiers à l'UMP ? Au début, il n'est pas trop pour, mais finalement, si, tiens ce n'est pas si mal (Besson trouve d'ailleurs que Villiers "est plus subtil qu'il ne se l'imaginait", notamment sur l'immigration ; tu m'étonnes, vu que la seule divergence qu'ils ont est une question d'échelle, le débat n'a pas dû aller très loin dans l'affrontement de soi-disant idées). Une loi sur la Burqa ? Inutile... Ah tiens, non, il a "évolué" sur le sujet, à chaque fois, on soupçonne un recadrage par Sarkozy ou l'un de ses "conseillers". Cela semble être le cas pour la Burqa, vu que la position exprimée par Sarkozy (une expression postérieure à celle de Besson) était à l'opposé de celle de Besson.
Après avoir passé la langue au fondement du père, Besson fait de même à celui du fils. On se croirait dans "l'amour en héritage". En moins romantique.
Ce type n'est pas seulement un menteur patenté comme l'a montré maître Éolas, c'est aussi un courtisant, et de la pire espèce.
Il n'est pas le seul, loin de là : on compte sur les doigts d'une main les hommes politiques UMP qui, sur un point ou un autre, sont en désaccord avec la politique du gouvernement. Et je gage que sans aller jusqu'à les faire taire, on les tient à l'écart.


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14 octobre, 2009

Sarkozy et le symbole de la résistance.

Hier, je suis tombé sur ça. Qui est repris dans cet article du nouvelobs.com. Un truc qui est étonnant, c'est comme l'ont souligné certains commentateurs, le retard de cette info : les images datent du 18 mars 2008. Sarko est ignoble, tout à son attitude de beauf ignare : méprisant envers un résistant expliquant qu'il a été chercher, avec d'autres les corps de certains de ses camarades tombés dans une embuscade, faisant un humour douteux avec les républicains espagnols. Je gage d'ailleurs qu'il n'a pas la plus petite idée de ce que signifiait leur présence aux Glières, eux qui ont été accueillis par des barbelés quand ils ont fuit l'Espagne franquiste. Le documentaire "Un autre futur" retrace assez bien leurs luttes, leurs espoirs et leur courage.
L'attitude de Sarko est méprisable, ce type est haïssable, mais on le savait déjà. Ce qui est étonnant, c'est qu'il y a encore des gens qui sont capables de défendre un comportement ignoble comme celui de leur chef bien aimé. Petit florilège, issu des commentaires de l'article du nouvelobs.com suscité:
"Attention
Franchement, là, ça en
devient RIDICULE et décevant de la part d'un journal come le nouvel obs
de relayer une telle non-information ! A force de trop en faire, les
détracteurs de Sarkozy sont en train d'en faire une victime..."
De la part d'un type qui n'a vraisemblablement rien compris. Sarkozy, victime, on aimerait voir sa tête au bout d'une pique, mais ce n'est hélas pas pour demain.
Ou celui-là :
"Je suis farouchement opposé à ce que peut faire Sarkozy mais j'estime
que de le combattre dans les coulisses est le moyen de passer à côté de
l'essentiel.

Une fois le soufflet retombé ne reste rien si ce n'est le discrédit
pour les colporteurs de ragots. Il ne pas oublier que pour ceux qui ont
des urgences plus vitales avec les déferlantes de licenciements, les
activités économiques fragilisées dans presque tous les secteurs, la
pression sur les collectivités locales, et les angoisses plus diverses,
justifiées ou non, utiliser son énergie et son temps à cracher sur tout
ce qui a l'épaule qui tremblotte est proprement scandaleux.

Sarkozy, c'est sur le terrain qu'on lui rentre dedans, sinon c'est tout simplement nuisible à tous.

Mais enfin réfléchissez deux minutes avant de vous laisser tomber aussi
bas avec du journalisme qui force l'inquiétude et plus généralement une
ambiance délirante de désir de lynchage public. Une chasse à l'homme
n'est pas justifiable, en aucun cas."
En quoi des images documentées sont-elles des ragots ? On aimerait le savoir. Par ailleurs, même si il y a des infos plus importantes, celle-ci ne l'est pas moins : on y voit tout le mépris que Sarkozy a pour ceux qui se sont battus contre le fascisme, à se demander pour qui il penche vraiement lors de cette commémoration. Peut-être regrette-t-il la défaie des nazis qui a conduit sa famille à être expropriée et à fuir l'armée rouge ?

"On dirait que l'ensemble des journaliste de ce pays guette son moindre
faux pas! Incroyable, ils n'ont donc que cela à dire sur notre bon
Président. Vive Nicolas, celui qui restera dans l'histoire comme un
grand homme."
Un grand homme a un minimum d'intelligence. Chez Sarkozy, on la cherche toujours.

Bon j'arrête là, plus on avance dans la lecture de ces commentaires, plus on s'enfonce dans une espèce de fange constituée de tissus cérébraux qui auraient pu être des cerveaux s'ils n'appartenaient pas à des électeurs de l'UMP.


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12 octobre, 2009

Finkielkraut, le perroquet réactionnaire.

Alors, l'été dernier, j'ai lu un article du Nouvel Obs sur Finkielkraut et je me disais que j'en ferais volontiers un billet en rentrant. Las, je me suis fait doubler par CSP. Je ne voyais donc pas l'utilité de remettre cent balles dans la machine.


Mais voilà, il ne peut arrêter ces saillies, dans Marianne de cette semaine, d'après Fontenelle, il remet ça. Depuis tant et tant d'années qu'il répète que l'éducation va à vau l'eau, il en est devenu un spécialiste, c'est pratiquement le seul sujet sur lequel on l'interroge. Récemment, ce sont les projets pédagogiques, qui consisteraient selon lui à emmener les gosses à Disneyland et qui seraient un gaspillage de l'argent public. Il estime par ailleurs que l'excuse invoquée par les profs, à savoir que certains gamins n'auraient pas l'occasion d'y aller autrement ne tient pas. Et pour cause, pour notre ami Finkielkraut, habitué qu'il est à la soumission des élèves de polytechnique (soumission leur assure un statut ultérieurement et ils le savent), il doit trouver que l'enseignement doit obligatoirement être chiant.


Deux choses : la première, c'est que quand j'étais gamin (en primaire), les instits nous ont emmenés au parc Walibi près de la Tour du pin. C'est marrant mais une vingtaine d'année plus tard et un doctorat en poche, je ne trouve pas que cela ait eu une influence négative sur ma personnalité. Et oui, cette sortie a permis à l'époque à des camarades de classe de faire quelque chose qu'il n'auraient pu faire autrement. C'était bien un projet pédagogique, pas seulement à l'usage des élèves d'ailleurs, mais aussi de leurs parents : l'apprentissage de la solidarité, le fait de montrer qu'ensemble, on peut faire des choses que seuls on ne peut pas. Et quoi, fallait-il envoyer des gamins visiter le Louvre ?


Oui, certains diront, à quoi je répondrais qu'il y a un temps pour tout. Quand on a dix ans, il est rare que l'on soit près à passer deux heures dans une queue pour voir des choses pas nécessairement faciles à apprécier. Cela, je l'ai eu plus tard : à quatorze ans, j'ai visité Londres, et j'ai adoré le British Museum (particulièrement sa section sur l'Égypte), entre autres.


Maintenant, Finkielkraut se plaint de l'utilisation des portables à l'école, blah blah... Nul doute que ce soit ennuyeux pour le prof'. Sauf que ce n'est pas nouveau : avant c'était les bds, les batailles de gomme, ce genre de trucs. Il ne s'agit ni plus ni moins que de la même attitude adolescente typique, avec les moyens de son temps. Pas de quoi en faire un fromage, ni même des articles de journaux. Que Finkielkraut nous balance son avis là-dessus ne montre qu'une chose : sa réflexion est digne de celle du comptoir d'un "café du commerce" quelconque, avec les oripeaux et le vocabulaire de la "philosophie", mais sans la rigueur intellectuelle qui devrait accompagner une telle posture. Les délires de Finkielkraut sur un gamine de 13 ans qui, soi-disant posait nue et partant aurait mérité de se faire violer par Polanski le montre bien. On est purement dans l'argumentaire selon lequel, amie, si tu portes une mini-jupe, tu es de fait consentante et ne serais te plaindre si un mauvais sort était fait à ta pudeur.


Comme je le disais, répugnant comme les remugles de cerveaux imbibés de la mauvaise bière de n'importe quel "café du commerce" de France et de Navarre.



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03 octobre, 2009

Les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis

Je viens de lire ce billet du camarade Fontenelle, et je dois dire que j'en tombe un peu des nues. D'après Fontenelle, donc, le prix "Ni Dieu ni Maître" 2009 serait attribué à un pamphlet anti-islam. Bon, étant donné que je considère que toutes les religions sont nocives pour l'intelligence, je ne vois pas en quoi être choqué par cela. Ceci dit, je n'ai pas lu ledit bouquin, donc il faut voir, être anticlérical (au sens large) n'implique  pas nécessairement de tomber dans des dérives racistes à la Riposte Laïque (dont le site s'orne d'une cocarde, et en dernière analyse, je me demande bien ce que la laïcité à avoir avec la France ?), mais le risque est malheureusement assez élevé, et d'après Fontenelle, l'auteur est en plein dedans. Ce qui me choque le plus, c'est que le préfaceur de ce bouquin, Onfray, parle à un moment de "valeurs occidentales"... Say... what ? Comme diraient mes collègues. Que viennent faire les "valeurs occidentales" là-dedans ? Et de quelles valeurs occidentales parle-t-on ? De la propriété privée des moyens de production, de la hiérarchisation du travail ? Ou des droits de l'Homme ? Ce serait bien de préciser parce que je doute que les anarchistes un peu sérieux se reconnaissent dans les deux premières moutures. Et, Onfray, décidément en verve, nous ressort les raisonnements typiquement staliniens du type : "si tu prononces celà, tu es objectivement ceci", et n'oublie pas non plus une de ces affirmations péremptoires comme quoi, en dehors de l'Occident, il n'y a pas d'individus. Je suis désolé, mais j'aimerais, c'est peut-être une déformation professionnelle, qu'il appuie cette affirmation par des publications d'ethnologues contemporains concernant différentes civilisations, tribales ou non. Je ne sais pas pourquoi, mais de la part d'un donneur de leçons patenté qui confond l'Union Jack et le Star and Stripes, je trouve que l'on est en droit de se méfier. Une petite idée à Onfray : pourquoi ne pas appliqué à lui-même ce qu'il réclame aux autres ? C'est à dire un peu de rigueur intellectuelle.


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02 octobre, 2009

Pour une science indépendante, partout dans le monde.

La semaine dernière, j'ai raté mon bus pour rentrer du taf' (je sais, c'est une information inintéressante en soi mais elle me sert à introduire ce qui suit, alors un peu de patience), donc en attendant le suivant, vu que j'avais fini mes manips, je prend un science magazine et je feuillette les pages News. Et là, je tombe sur un entrefilet surprenant : un chercheur vénézuélien a été mis à la retraite d'office parce qu'il ne serait pas venu plusieurs jours de suite à son bureau. Bon, outre que généralement les scientifiques ne pointent pas (et pour cause : si ils le faisaient, quoiqu'en dise Sarkozy, les heures supplémentaires à payer grèveraient sérieusement les budgets des instituts de recherche), on peut s'interroger sur les raisons données par le directeur de l'institut de recherche en question. En gros, il ne serait pas venu à son travail, ses performances en tant que scientifique sont sujettes à caution. Sauf que, d'après Science, ce chercheur a une liste de publication tout à fait honorable. Mais voilà, ce même directeur de l'institut affirme que la bibliométrie classique est caduque car issue d'une entreprise (Thomson scientific) et qu'il convient de vérifier si les recherches faites par ce prof mis à la retraire d'office, donc, ont un quelconque intérêt pour le Vénézuéla. Bon.

Que la bibliométrie soit aux mains d'une entreprise (qui d'ailleurs vend ses classements) est certes un problème, dont certains chercheurs s'occupent par ailleurs. Ceci dit, cela ne saurait servir de masque à cet autre fait : Chavez a recruté (c'est le terme) un... ancien lieutenant pour serrer la vis aux chercheurs, naturellement tous petits bourgeois et donc suspects de collusion avec la droite réactionnaire vénézuélienne. Nul doute qu'il y ait des chercheurs vénézuéliens qui ont des sympathies pour cette droite, et alors ? Ces derniers ont le droit de penser ce qu'ils veulent de Chavez, ou le Vénézuéla n'est plus une démocratie ?
On voit bien ici que ce qui dérange les pouvoirs, qu'ils soient vénézuéliens, français, américains (surtout sous Bush) : c'est l'indépendance des chercheurs, qui non seulement n'accordent que peu de crédit (et avec raison) aux discours politiques, habitués qu'ils sont à juger sur des faits, mais aussi n'hésitent pas à contredire leurs gouvernements respectifs quand ceux-ci mentent effrontemment. Comment interprèter le fait que l'administration Bush ait muselé des climatologues américains qui contredisaient ses affirmations concernant le réchauffement climatique ? Ou les mesures prises en France qui vont aboutir à la destruction des sciences humaines, non rentables, mais qui ont aussi un peu trop tendance à confronter les discours politiciens aux réalités sociales (bien sûr, un sociologue aux ordres est toujours précieux, c'est pour cela que la filière ne disparaîtra jamais complètement) ?

Le savoir est un pouvoir. Il n'est donc pas étonnant qu'un gouvernement autoritaire, d'où qu'il vienne, cherche à le contrôler.


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07 août, 2009

Brève sociologie du militantisme anarchiste.

Je lis régulièrement CSP, c'est un blog que j'apprécie : clair, relativement bien écrit et assez jouissif. Surtout quand il attaque des petits faffons rancis dans la merde qui leur sert de cervelle. Certaines de ses analyses, comme celle sur le voile par exemple, sont parmi les plus pertinentes que j'ai lues jusqu'à présent. Mais... Son problème à CSP, c'est quand ses positions relaient celles de son parti. Sans préjuger de ces dernières, on observe alors un changement de style radical. On dirait qu'il se met à réciter un "catéchisme révolutionnaire". Ce qui m'amène à un problème plus large, celui du militantisme. Alors autant clarifier les choses : des militants, il en faut. Des individus qui se battent pour des causes, qui s'organisent pour faire passer leurs messages et, si possible, avoir une quelconque influence sur la marche du monde, c'est nécessaire. Le problème, c'est que les comportements moutonniers que l'on voit trop souvent parmi nos concitoyens se retrouvent aussi dans les structures militantes. Et je trouve cela assez déplaisant.

La plupart des organisations révolutionnaires sont soumises à cette quadrature du cercle : bien que leur objectif affiché soit l'émancipation des individus (individus au sens libertaire du terme, j'y reviendrai un jour), elles sont souvent remplies de gens dont le suivisme a un côté affligeant. Je l'ai vécu quand j'étais moi-même militant. J'ai assisté à la création de clans, à l'intérieur desquels l'homogénéité des positions ferait envie à l'UMP, à l'éviction  rampantes de personnes coupables de ne pas rentrer totalement dans le moule. À la "résolution" de conflits par le harcèlement, le dénigrement... En bref, les pratiques les plus puantes je les aies observées, voire vécues d'un côté comme de l'autre du manche. Pour quoi, au final ?

Rien. Que dalle.

La structure dont je parle est toujours là, mais j'ai l'impression qu'elle s'est vidée de sa substance, alors que plusieurs groupes dynamiques en ont rejoint d'autres. Déjà, à l'époque, "on" tentait de se convaincre que les idées anarchistes intéressaient de plus en plus de monde, que sous peu, il y aurait un grande organisation anarchiste de masse, un peu à l'image de la CNT espagnole. Était-ce vrai ? Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'il fallait pas mal de tripes pour s'accrocher à une orga dont le bulletin intérieur se résumait souvent à des empaillades stériles. Empaillades ridicules, qui plus est à l'aune des enjeux, des objectifs que c'était donnée l'organisation. Et ça, c'était au niveau fédéral. Au niveau des groupes locaux, ce n'était souvent pas très différent.
En fait, quand j'y pense, un schéma se fait jour qui aux variations près est le même : dans chaque groupe, il y avait (je parle au passé, je ne sais pas si c'est toujours le cas même si je ne me fais, hélas, pas d'illusions) un membre dominant, une grande gueule qui imposait sa volonté ou ses analyses par différentes techniques telles que le copinage, le chantage affectif, le discours à la Castro... En face, invariablement, des suivistes, intéressés par les idées, certes, mais qui ne prenaient pas de part active à la réflexion. Certains enjeux (par ailleurs ridicules) les dépassaient complètement, et qui dès qu'ils prenaient des initiatives s'en prenaient plein la gueule par ce qu'ils n'avaient pas fait les choses comme il fallait. De temps en temps, les dominants (ils sont souvent plusieurs, ils sont souvent en couple) partaient en vacances, laissant une niche libre pour un autre, ou des autres, dominant(s). Au retour s'ensuitvai une lutte larvée pour récupèrer ou conserver la place chèrement acquise sur le front des luttes. Les conflits qui se font jour ensuite ne sont pas solvables de manière saine ils ne sont pas ouverts. De fait, leur résolution implique qu'une des parties quitte le groupe. Et c'est là tout le problème : rien n'est changé sur le fond, la partie gagnante, celle qui reste, ne voit pas ses pratiques remises en causes. Dans bien des cas, le conflit de politique devient personnel, ce qui achève de plomber le truc. C'est peu dire que de tels conflits sont récurrents. Il est rare qu'un groupe survive plus de cinq ans. Et que deviennent, en plus, les anciens militants de ces groupes ? La plupart dégoûtés par le décalage entre le discours et les pratiques, abandonnent définitivement ce champ de l'action sociale et n'en retirent qu'une expérience amère.

Depuis sept ans maintenant j'ai quitté la France, mon métier ne me laisse pas le loisir de militer, et même si parfois cela me manque, j'avoue que je réfléchirais à deux fois avant de me relancer dans pareille aventure : il est hors de question pour moi de le refaire dans des conditions où l'autosuggestion est si forte que le déni de réalité devient une marque de ce militantisme. Où l'on voit plus le risque que le bénéfice, où, en définitive, certains refusent l'ouverture à l'extérieur par peur que leur petit monde privilégié, leur discours auto-centré soit remis en cause par la confrontation avec des camarades qui viennent d'autres horizons.


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02 août, 2009

Réductionnisme vs charlatanisme

Je ne suis pas philosophe, je suis un scientifique. Ceci dit, j'ai plusieurs fois été confronté à des philosophes qui voulaient m'apprendre mon métier. Le problème avec certains philosophes des sciences, c'est qu'ils ne sont pas scientifiques eux-mêmes. La plupart n'ont jamais mis les pieds dans un labo et ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, les limites techniques de notre travail. Ainsi, le domaine qui est le mien est souvent pointé du doigt pour son "réductionnisme" sa tendance à "saucissonner" les problèmes. Ce qui est remarquable, c'est que cette critique, qui m'a été faite au sujet de la biologie en général, l'a été en s'appuyant sur Bergson, qui apparemment ne la formulait qu'en ce qui concernait les sciences cognitives. Un autre point est qu'elle a été formulée avant la révolution de la biologie moléculaire, ce qui l'a rendue obsolète. En effet, les progrès dans les les méthodes d'analyses autorisent de plus l'exploration du métabolisme d'une cellule dans son ensemble. Ceci dit, la complexité d'organismes aussi "simples" que la levure d'une part, et la masse de données produites par les nouvelles technologies telles que les puces à ADN ou les études d'interaction à haut débit utilisant la spectrométrie de masse obligent à une certaine validation des observations, simplement pour distinguer un phénomène significatif du point de vue physiologique d'un simple bruit de fond. Et cela implique un retour à des méthodes que d'aucuns qualifieraient de "réductionnistes" : l'étude du comportement d'une protéine dans une ou plusieurs conditions définies. La différence fondamentale, c'est que les chercheurs ont à l'esprit le contexte environnant. D'ailleurs, je trouve un peux présomptueux de la part de certains philosophes de penser que les chercheurs n'ont jamais réfléchis à ce problème. Encore une fois, les limites techniques conditionnent les capacités d'interprétation. C'est une notion importante : pour retourner vers les neurosciences, la seule approche scientifique qui vale est matérialiste :  des interactions biochimiques qui résultent dans la création d'un courant électrique qui va conduire à la libération de neurotransmetteurs au niveau de la synapse, ce qui en retour va créer de nouvelles interactions biochimiques. En adoptant une telle approche, les chercheurs ont les outils conceptuels nécessaires et suffisants pour expliquer la conscience, et la mémoire, par exemple. En d'autres termes, le cerveau intègre une multitude de signaux, et il est raisonnable de penser que cette intégration produit la conscience et la mémoire. C'est une hypothèse scientifique dans le sens qu'elle peut être testée scientifiquement. A contrario, toutes les hypothèses implicant une explication non-matérielle à l'esprit (une séparation de l'âme et du corps) n'est pas scientifique : elle ne peut être testée de cette manière. Or il se trouve, et je vais paraître arrogant, mais une hypothèse n'est scientifique que si elle peut être testée par des méthodes scientifiques. Toute autre méthode n'est pas pertinente du point de vue scientifique (et surtout pas la rhétorique). Comme j'ai le gros défaut d'être un matérialiste pur jus, toute hypothèse qui implique une certaine transcendance de la conscience, qui postule que celle-ci ne serait pas la conséquence directe de phénomènes physiologiques est nulle et non avenue. Simplement parce que non démontrable.


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21 juillet, 2009

Tchernobyl, le retour.

En 1986, j'avais onze ans, on a eu droit au nuage radioactif qui s'arrête aux frontières françaises. La France, par on ne sait quelle grâce divine, a évité les radiations. Quelques années plus tard, le soufflé est retombé : le mensonge est éventé le scandale fait la une des médias (pas pendant longtemps, ceci dit). Je n'ai pas le souvenir de poursuites contre les responsables de ce mensonge (le directeur de L'institut national de protection contre les radiations ionisantes, Mitterand et Chirac, entre autres). Or, d'après l'auteur de ce blog, c'est reparti comme en 1986, si j'ose dire. Le gouverne-ment minimiserait l'impact de la grippe A sur la population en France et se comparerait avantageusement avec la Grande-Bretagne, un pays qui, lui ne minimise pas le problème et ne cache pas le nombre de personnes infectées à la population. Comme j'y vis, je peux vous dire que c'est loin d'être la panique. C'est une pandémie, certes. Mais des pandémies de cette sorte, il y en a tous les ans, en hiver. Alors bien sûr, des personnes meurent de cette grippe. Comme des autres.
Deux choses sont scandaleuses, ceci dit. La première, c'est l'utilisation sans vergogne que fait ce gouvernement d'un problème de santé publique pour sa propagande au lieu de traiter ce problème de manière sérieuse en tenant la population informée. La deuxième, c'est le silence, voire la complaisance des médias français vis-à-vis de ce gouvernement : vu d'ici, peu de critiques de ses actions de la part des médias, voire un simple relais de la communication gouvernementale, comme cet article de Libération le montre. Que dire, en effet des 600 cas français alors que la Grande-Bretagne en compte près de 10.000 ? Oui, vous m'avez compris. Les symptômes étant bénins, pas mal de malades passent à travers les mailles de la détection.
La question qui se pose, dès lors est la suivante : quelle attitude aura un gouvernement de ce type lorsque quelque chose de vraiment sérieux se profilera à l'horizon ?


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29 juin, 2009

Que vont dire nos sous-penseurs ?

Après la saillie pitoyable de Finkelkraut, sur le fait que on aurait un gouvernement gentil et qu'il ne faut pas se plaindre, parce qu'il y a pire ailleurs. Quel argumentaire débile, franchement, c'est vraiment du niveau d'une cours d'école. Et encore, les gamins ne sont pas de prétentieux pédants. Sa défense de la loi HADOPI est pathétique, elle serait un droit de l'homme d'enfant gâté. Cette loi est inappliquable, le problème ceci étant tient aux principes qu'elle pose : la charge de la preuve n'est plus à l'accusateur mais à l'accusé, on est présumé coupable dès le départ... En gros, il dénonce le totalitarisme en Iran en défendant un système qui pourrait éventuellement donner des outils de surveillance (ou au moins des outils juridiques pour la répression) à un État totalitaire en France. À moins bien sûr de considèrer que la démocratie est une fin de l'histoire et que le danger totalitariste (et fasciste, pour parler clairement, je ne vois pas de parti en capacité d'imposer un régime stalinien en France), ce serait oublier l'Allemagne des années trente, qui était une démocratie avant 1933.

Je pensais, donc, en écoutant cet infâme Finkelkraut, à Alexandre Adler, dont les délires sur Chavez feront longtemps partie de bêtisier de la "pensée" de comptoir. Il n'avait pas son pareil pour critiquer la "censure" des médias au Vénézuela de Chavez, j'attends vivement qu'il réagisse à ceci
Dans la capitale Tegucigalpa, les télévisions et radios publiques,
favorables au gouvernement déchu, sont toujours réduites au silence,
tout comme la chaîne américaine CNN, depuis qu'elle a mis en doute la
version officielle sur le retrait volontaire du président élu.
C'est tiré de cet article. J'attends avec impatience sa réaction sur ce sujet.


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27 juin, 2009

Triste actualité

Non, ce n'est pas la mort de Jackson : je m'en bat l'aorte avec une pelle à tarte, non, c'est çà. Inutile de m'étendre sur le sujet : Superno et Fontenelle le font très bien pour moi.


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Quand l'humour doit épargner les puissants...

Tout le monde se souvient des tollés successifs déclenchés par Stéphane Guillon suite à certains de ces billets. Enthoven, Levaï (c'est un exemple, il a  commis d'autres saillies du genre) et Claude Imbert ont dénoncés cet humour qui "exclue" d'après Imbert, qui censure, d'après Enthoven et qui est simplement ordurier d'après Levaï.
Il y a quand même un problème de perspective : que je sache, ni Martine Aubry, ni Sarkozy ni Strauss-Kahn ne sont vraiment à plaindre dans leur quotidien. Je ne vois pas en quoi les moquer serait un "danger pour la démocratie", rien que çà. C'est ridicule, qui au premier chef s'érige en censeur ? Qui exclue aujourd'hui, quasi-quotidiennement, en France ? Stéphane Guillon ? Ou le régime sarkosien et ses affidés qui expulsent des sans-papiers à tour de bras ?
Il fut un temps où l'impertinence, la critique étaient vues comme des qualités essentielles, il ne fallait pas être suspecté de sympathie excessive pour le pouvoir. Maintenant, c'est le contraire. Moquer les pauvres ou les fonctionnaires, même - surtout - durement çà va ; c'est même recommandé. Par contre, si on s'attaque au roi Sarkozy, ou à un membre de sa classe sociale - fût-il de "gauche" -, celà revient à s'attaquer à l'aristocratie.

D'ailleurs, oui, l'époque sarkozyste a bien des relents d'ancien régime.


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