21 juillet, 2009

Tchernobyl, le retour.

En 1986, j'avais onze ans, on a eu droit au nuage radioactif qui s'arrête aux frontières françaises. La France, par on ne sait quelle grâce divine, a évité les radiations. Quelques années plus tard, le soufflé est retombé : le mensonge est éventé le scandale fait la une des médias (pas pendant longtemps, ceci dit). Je n'ai pas le souvenir de poursuites contre les responsables de ce mensonge (le directeur de L'institut national de protection contre les radiations ionisantes, Mitterand et Chirac, entre autres). Or, d'après l'auteur de ce blog, c'est reparti comme en 1986, si j'ose dire. Le gouverne-ment minimiserait l'impact de la grippe A sur la population en France et se comparerait avantageusement avec la Grande-Bretagne, un pays qui, lui ne minimise pas le problème et ne cache pas le nombre de personnes infectées à la population. Comme j'y vis, je peux vous dire que c'est loin d'être la panique. C'est une pandémie, certes. Mais des pandémies de cette sorte, il y en a tous les ans, en hiver. Alors bien sûr, des personnes meurent de cette grippe. Comme des autres.
Deux choses sont scandaleuses, ceci dit. La première, c'est l'utilisation sans vergogne que fait ce gouvernement d'un problème de santé publique pour sa propagande au lieu de traiter ce problème de manière sérieuse en tenant la population informée. La deuxième, c'est le silence, voire la complaisance des médias français vis-à-vis de ce gouvernement : vu d'ici, peu de critiques de ses actions de la part des médias, voire un simple relais de la communication gouvernementale, comme cet article de Libération le montre. Que dire, en effet des 600 cas français alors que la Grande-Bretagne en compte près de 10.000 ? Oui, vous m'avez compris. Les symptômes étant bénins, pas mal de malades passent à travers les mailles de la détection.
La question qui se pose, dès lors est la suivante : quelle attitude aura un gouvernement de ce type lorsque quelque chose de vraiment sérieux se profilera à l'horizon ?


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29 juin, 2009

Que vont dire nos sous-penseurs ?

Après la saillie pitoyable de Finkelkraut, sur le fait que on aurait un gouvernement gentil et qu'il ne faut pas se plaindre, parce qu'il y a pire ailleurs. Quel argumentaire débile, franchement, c'est vraiment du niveau d'une cours d'école. Et encore, les gamins ne sont pas de prétentieux pédants. Sa défense de la loi HADOPI est pathétique, elle serait un droit de l'homme d'enfant gâté. Cette loi est inappliquable, le problème ceci étant tient aux principes qu'elle pose : la charge de la preuve n'est plus à l'accusateur mais à l'accusé, on est présumé coupable dès le départ... En gros, il dénonce le totalitarisme en Iran en défendant un système qui pourrait éventuellement donner des outils de surveillance (ou au moins des outils juridiques pour la répression) à un État totalitaire en France. À moins bien sûr de considèrer que la démocratie est une fin de l'histoire et que le danger totalitariste (et fasciste, pour parler clairement, je ne vois pas de parti en capacité d'imposer un régime stalinien en France), ce serait oublier l'Allemagne des années trente, qui était une démocratie avant 1933.

Je pensais, donc, en écoutant cet infâme Finkelkraut, à Alexandre Adler, dont les délires sur Chavez feront longtemps partie de bêtisier de la "pensée" de comptoir. Il n'avait pas son pareil pour critiquer la "censure" des médias au Vénézuela de Chavez, j'attends vivement qu'il réagisse à ceci
Dans la capitale Tegucigalpa, les télévisions et radios publiques,
favorables au gouvernement déchu, sont toujours réduites au silence,
tout comme la chaîne américaine CNN, depuis qu'elle a mis en doute la
version officielle sur le retrait volontaire du président élu.
C'est tiré de cet article. J'attends avec impatience sa réaction sur ce sujet.


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27 juin, 2009

Triste actualité

Non, ce n'est pas la mort de Jackson : je m'en bat l'aorte avec une pelle à tarte, non, c'est çà. Inutile de m'étendre sur le sujet : Superno et Fontenelle le font très bien pour moi.


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Quand l'humour doit épargner les puissants...

Tout le monde se souvient des tollés successifs déclenchés par Stéphane Guillon suite à certains de ces billets. Enthoven, Levaï (c'est un exemple, il a  commis d'autres saillies du genre) et Claude Imbert ont dénoncés cet humour qui "exclue" d'après Imbert, qui censure, d'après Enthoven et qui est simplement ordurier d'après Levaï.
Il y a quand même un problème de perspective : que je sache, ni Martine Aubry, ni Sarkozy ni Strauss-Kahn ne sont vraiment à plaindre dans leur quotidien. Je ne vois pas en quoi les moquer serait un "danger pour la démocratie", rien que çà. C'est ridicule, qui au premier chef s'érige en censeur ? Qui exclue aujourd'hui, quasi-quotidiennement, en France ? Stéphane Guillon ? Ou le régime sarkosien et ses affidés qui expulsent des sans-papiers à tour de bras ?
Il fut un temps où l'impertinence, la critique étaient vues comme des qualités essentielles, il ne fallait pas être suspecté de sympathie excessive pour le pouvoir. Maintenant, c'est le contraire. Moquer les pauvres ou les fonctionnaires, même - surtout - durement çà va ; c'est même recommandé. Par contre, si on s'attaque au roi Sarkozy, ou à un membre de sa classe sociale - fût-il de "gauche" -, celà revient à s'attaquer à l'aristocratie.

D'ailleurs, oui, l'époque sarkozyste a bien des relents d'ancien régime.


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24 juin, 2009

La touchante naïveté de certains jounalistes

De temps en temps, je vais lire le blog de Jean Quatremer, journaliste à Libération et communiquant de l'Union Européenne. Parfois je tombe sur des perles : Quatremer est le seul bloggueur que je lis capable de troller dans les commentaires de son propre blog. C'est fort. Évidemment, il vaut mieux être de son avis si on veut échapper à la citation hors contexte ou à l'ironie facile. C'est tellement mauvais que parfois je me demande si il le fait exprès ou si il ne comprend pas certains commentateurs (ils va de soi que d'autres commentateurs méritent amplement son ironie, mais bon, eux, ils ont l'habitude de polluer n'importe quel site avec leurs a-réflexions, j'y reviendrai un jour).Mais revenons à notre mouton, Quatremer, donc. C'était à l'occasion de son billet sur le discours fédéraliste de Ségolène Royal. Un commentateur, Mael, fait la remarque suivante :



L'Europe ou le chaos du nationalisme ?



Et après on veut nous faire croire que les eurofédéralistes ne jouent pas sur les peurs...



On peut vivre en bon voisins, avec des lois différentes mais en bon termes.



Les USA sont indépendant du Canada, pourtant ils ont d'exellentes relations.



Ségolène a son avis sur l'Europe très bien... mais comment peut-elle dire que les français veulent "plus d'Europe" ??



Elle le voit au taux d'abstention élevé des élections européennes ? Au résultat sur du référendum du 29 mai 2009 ?



Elle prend ses rêves pour la réalité...


Auquel Quatremer répond :



Excellente remarque, pleine de finesse et qui montre une connaissance de l'histoire hors du commun. Combien de guerres déjà entre le Canada et
les Etats-Unis? J'ai oublié et j'aimerais beaucoup que vous me
racontiez les guerres américano-canadienne, les dizaines de millions de
morts, les destructions mutuelles, etc. Racontez moi, j'attends avec
impatience. J'imagine que votre exemple n'est pas dû au simple hasard?
Vous auriez pu aussi nous citer des pays Africains, moyen-orientaux,
orientaux aussi? Je ne sais pas, moi, par exemple l'Inde et le Pakistan
dont l'harmonie est tellement parfaite qu'on rêve tous de copier ce
modèle.


Admirez la rhétorique pubère de notre plumitif. Pris d'un doute affreux quand aux guerres nord-américaines, qu'il sous-entend nombreuses et meurtrières, je vérifie et lui réponds ensuite :




Il me semble qu'il n'y a eu que deux guerres américano-canadiennes. Toutes
lorsque le Canada était sous domination britannique. Et moins de 10.000
morts en tout. Une histoire pas idyllique, mais loin de ce qui ce
passait en Europe à l'époque (guerres napoléoniennes).

Même si je ne suis pas d'accord avec Mael, votre remarque est loin d'être un modèle de finesse non plus.

Je ne lui ai rien dit à propros des tensions indo-pakistanaises : il a évidemment raison. Il ne me réponds pas tout de suite : il a été démasqué, son argument sur le Canada et les États-Unis, qui contrait celui de Mael quand à la bonne entente de ces deux pays est fallacieux, et il le sait. Un autre commentateur le reprend en faisant remarquer à juste titre qu'il y a eu une guerre civile au sein d'une fédération. Auquel Quatremer répond :

Il y a d'autres grands pays, comme la Russie, au hasard, qui a souvent fait la
guerre a ses voisins. L'espace et la richesse en matière première
n'expliquent pas tout.

La guerre de Sécession a été une guerre civile. Quant aux guerres
américaines, cela va dans mon sens: je ne connais aucun pays qui vit
dans un espace de paix perpétuel comme l'Union. Aucun.



Et là, je dois dire que je suis un peu irrité : mon commentaire n'allait pas dans son sens, au contraire, il signifiait simplement que oui, il y a bien eu des guerres entre les États-Unis et le Canada (toutes à l'initiative des États-Unis, d'ailleurs), et que non, elles n'ont pas eu le bilan catastrophique qu'il leur prête. D'autre part, ces guerres ont eu lieu alors que les États-Unis n'avaient pas encore la forme qu'ils ont à l'heure actuelle : leur territoire s'étendait à peine vers l'Ouest du Missippi à cette époque. C'est-à-dire extrèmement tôt dans l'histoire commune des deux pays (en prenant une vision européo-centrée ici, mais c'est pour la commodité du propos). En d'autres termes, le Canada et les États-Unis ne se sont pas fait la guerre depuis plus de 150 ans. Mon commentaire n'allait pas dans son sens, au contraire, il tendait à démontrer la fausseté de son argumentaire concernant la soi-disant histoire sanglante que le Canada et les États-Unis partagent (je ne parle pas ici des "premières nations" qui se sont fait allègrement massacrer des deux côtés de la frontière, un peu moins au Canada, peut-être). Si il perd son boulot à Libé, il peut chercher dans la politique, il a les "qualités" requises : mensonge éhonté et déni de la réalité. En fait, il peut direct prendre sa carte a l'UMP : avec un CV pareil, il aura bientôt un poste de ministre. Ceci dit, vient la perle de son commentaire :
je ne connais aucun pays qui vit dans un espace de paix perpétuel comme l'Union. Aucun.
Quoi ? Attends mon petit Quatremer, tu délires, là, non ? L'Union n'a que cinquante ans, et encore, le projet européen a changé plusieurs fois de forme entre 1954 et 2009. C'est un peu court pour parler de perpétuel, non ? De plus il y a des états fédéraux qui ont bien subit des guerres civiles : les États-Unis déjà mentionnés avec la célèbre guerre de Sécession, la Suisse avec la guerre du Sonderbund (pour ne parler que de la plus récente) et enfin, encore plus prêt de nous dans le temps, la guerre qui a déchiré la Yougoslavie, qui était aussi un état fédéral.
L'Histoire est claire : le fait de se fédérer n'implique en aucun cas un état de paix perpétuelle. Et l'on ne peut juger de ce qui se passera en Europe dans les années à venir. D'autant, comme l'écrit Quatremer lui-même dans cette note (au passage, à la fin de cette note, il laisse entendre que vouloir une Europe de gauche est être eurosceptique; pourquoi l'Europe doit être de droite, selon lui ?), qu'il existe des courants nationalistes forts, surtout en Europe centrale où la question des minorités n'est pas réglée. Il se peut très bien que, comme cela s'est pas passé en Yougoslavie, des politiciens instrumentalisent certains conflits pour leur profit personnel. On voit ce que cela a donné.
Alors franchement, dire que l'Union est un espace de paix perpétuelle, j'aimerais bien, hein, ce n'est pas le problème, mais un minimum de rigueur intellectuelle permettrait d'éviter d'écrire de telles bêtises.


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22 juin, 2009

Val : "France Inter se renforce en s'épurant"

Quand j'ai lu que le secret de Polichinelle était révélé, je me suis méchamment retenu de faire un commentaire. Histoire de laisser à Val le bénéfice du doute. Ce doute, et donc le bénéfice concomitant ne sont plus de mises : il a réussi à virer un journaliste à peine deux heures après sa prise de fonctions officielle à France Inter. Mais là, je crois, il a affaire à autre chose que Charlie. En face, il y a des syndicats, des gens qui ont une tradition de lutte. Ce n'est plus le "petit" journal où la rhétorique du "seul contre tous" peut faire tenir un groupe un certain temps. Là, il va falloir qu'il fasse avec des gens qui ne sont pas nécessairement prêts à avaler des couleuvres sans rien dire.
Mais c'est "globalement positif", comme aurait dit Georges : peut-être que ceux qui doutaient encore vont voir de quoi Val est le nom.

Nul doute cependant que les plumitifs aux ordres habituels vont voler à sa défense, en criant à "la haine de Val", comme lors de l'affaire Siné. Sauf que là, quand même, deux heures pour virer un mec, il faut y aller.


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18 juin, 2009

Atteinte à la dignité, crime contre l'humanité

Un gars se noie en voulant se laver. Tout ça parce qu'on a décidé qu'il fallait cacher la misère de ces migrants que personne ne veut. Parce que la plupart viens d'Afghanistan et que là-bas, depuis que ce n'est plus que par les talibans que l'on est tué, mais aussi par les bombes de l'OTAN, il est devenu plus acceptable de mourir.

Au
passage, il me semble que l'une des explications avancées par le
malfaisant à l'époque était que Sangatte créait un "appel d'air" pour
les candidats à l'émigration vers le R-U par le relatif "confort" qu'il
créait (admirez le cynisme du personnage). Sous couvert de bon sens
populaire (vous savez, ce truc qui ferait que l'on éxecute la moitié
des taulards pour remédier à la surpopulation carcérale par exemple),
celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom savait pertinement quelle
situation il allait créer, ce qui lui permettrait de pointer du doigt
ces immigrés-sales-et-dangereux pendant la campagne que l'on sait.
La mairie de Calais est elle pleinement responsable du l'atteinte à la dignité des migrants. En refusant d'installer des douches à une distance acceptable, elle fait leur dénide fait leur statut d'être humains.
En
gros, les deux sont coupables de crimes contre l'humanité. Il me semble
qu'il existe un pays, situé pas loin de Calais, d'ailleurs, qui
pratique ce qu'on appelle la "juridiction universelle" pour ce genre de
choses. peut-être qu'il y aurait moyen de porter contre le malfaisant
et son affidée, bourgmestre de Calais, non ?

Au-delà de l'horreur de ces positions politiques, cet état de fait démontre la bêtise crasse de nos dirigeants, une fois de plus. En refusant à cette population le minimum d'hygiène, c'est tous les habitants du calaisis qu'ils mettent en danger en créant des foyers d'infections proches de grands centres urbains. Mais peut-être est-ce voulu, peut-être cela participe-t-il de la fabrique de boucs émissaires, nécessaires pour cacher les turpitudes de ce gouvernement mafieux.

P.S: la situation des migrants de Calais et de
sa région fait scandale ici, depuis que je suis arrivé, j'ai vu au
moins deux reportages sur le "Guantanamo français". Je parle bien sûr
du Royaume-Uni. Tiens peut-être que cette crapule de Blair a une petite
responsabilité là-dedans aussi, en faisant pression sur le gouvernement
français de l'époque, mais je n'en suis pas sûr du tout.

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12 juin, 2009

De l'abstention...

Depuis les européennes, j'ai entendu et lu, même sur des forums consacrés à linux (ubuntu, pour ne pas citer la distro en question) pas mal de messages qui en substance criaient haro! sur les abstentionnistes. Bon, on peut comprendre que certains au P"S" l'aient un peu mauvaise, quand aux autres, et bien je gage que les militants du NPA, de LO ou du Front de gauche (dont je m'interroge sur l'espérance de vie) ont fait leur "devoir", plus de militants que civique, d'ailleurs.
Les droitiers ont sûrement été votés : premièrement, c'est dans leurs habitudes de faire où on leur dit et ensuite, malheureusement, à part si on est un nostalgique du fascisme ou du nazisme, il faut bien reconnaître que le régime sarkozyste applique un programme de droite. Contrairement aux électeurs de gauche, donc, les électeurs de droite n'ont pas l'impression de se faire enfler. Du moins pas tant qu'ils ne rencontrent pas de matraques ou qu'ils ne passent pas des heures indues dans un commissariat. Mais si ça leur arrive, on ne va pas les plaindre, hein. Ils ont voulu la flicaille à chaque coin de rue, la couverture, pour ne pas dire l'encouragement des bavures, ils l'ont, qu'ils se démerdent avec si cela leur arrive.

Non, ce qui me fait marrer, c'est le discours outré de certains qui sortent gnagnagna il fallait aller voter, gnagnagna sinon pas le droit de râler gnagnagna. Sauf qu'il y a peut-être des gens, comme moi, qui considèrent que les élections dans l'état actuel des choses reviennent à donner un chèque en blanc aux politiciens, sans contrôle du mandat. En gros, comme disais cette grosse baderne de Barre :
les promesses n'engagent que ceux qui les croient

Alors, ok, l'abstention du type "pêche à la ligne" est tout sauf une solution. D'un autre côté, on ne peut blâmer certains électeurs de gauche de ne pas s'être déplacés : le P"S" n'est plus rien, les projets du NPA et du front de gauche ne sont pas clairs du fait des tentatives à répétition des médias d'occultation des débats en les transformants en évènements "people". Quand à la liste europe-écologie, elle réunit des gens aussi éloignés que Bové et Cohn-Bendit, difficile de ne pas y voir une simple alliance de circonstance pour rentrer au parlement européen, sans réelle perspective programmatique pour la suite. Maintenant, c'est aussi facile de faire son "devoir de citoyen" et de s'en laver les mains par la suite, repus dans sa bonne conscience. Parce que, au final, et je ne considère que les électeurs de gauche ici (les autres ne m'intéressent pas : ce ne sont pas adversaires mais des ennemis), c'est aussi facile de mettre, une fois de temps en temps, un bulletin dans l'urne et de se dire "maintenant je suis tranquille, vogue la galère". Je connais des abstentionnistes qui, eux, mettent vraiment les mains dans le cambouis, en aidant des grévistes quand ils ne font pas grève eux-mêmes, en faisant acte de solidarité envers les sans-papiers, en se colletant avec les cognes, parfois (souvent même pas pour des prétendues infractions).

Alors, au final, les donneurs de leçons me font bien marrer, surtout si ils émargent au P"S", parce que sans déconner, ce parti en est là où il est de son seul fait. Si il n'avait pas viré à droite, peut-être aurait-il actuellement plus d'électeurs. Mais bon, il a choisit la voie de la traîtrise et ce n'est pas d'hier, alors pourquoi lui faire confiance ? Même en 1936, les promesses du Front Populaire n'ont été appliquées qu'à la suite d'une grève générale de plusieurs semaines, grève déclenchée pour forcer le Front Populaire, et surtout la SFIO (le P"S" de l'époque) à les tenir.

EN DÉFINITIVE, SEULE LA LUTTE PAIE.

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08 mai, 2009

Aaargh!!!

Aaaargh !!! Je viens de lire cet article et celui-ci. Et surtout, je sais je n'aurais pas dû, les commentaires afférents. À chaque fois, certains commentaires sont consternants de bêtise crasse et d'ignorance. Je le savais "théoriquement" : une société de classe ne tient que par la frustration de certaines catégories de population envers d'autres, méconnues ou mal connues. Là c'est démontré. Ce que je ne comprends pas, c'est la que cette rhétorique du chercheur ou de l'étudiant "parasite" passe facilement, alors que d'autres parasites réels, eux, puisqu'ils pillent le travail, sont relativement laissés tranquilles, comme Lionel Biebuyck qui éructe ça :
C’est peut-être moi qui ai le plus perdu entre l’effondrement des cours de bourse et les dividendes qui fondent

Citation tirée de cet article.
Ce que je ne comprends pas dans les commentaires des articles de libé (je n'ai pas le courage de CSP, je ne vais pas lire ceux des articles du Figaro), c'est que certains défendent des réformes qu'ils ne connaissent pas, et d'autres prétendent que le monde de l'enseignement, en l'occurence de l'enseignement supérieur, ce qui est purement et simplement un mensonge. Voir les pdf.
Ou serais-ce que ces commentateurs sont stipendiés par l'Union des Momies Pétrifées pour polluer le net de leur rhétorique nauséabonde ?

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27 avril, 2009

Que faire ?

Une bonne question, déjà posée par Lénine il y plus d'un siècle. Je sors ce blog de sa longue hibernation. Non pas pour, comme lors de certains de mes précédents posts, m'interroger sur le sens de la vie et tout ce qui s'ensuit... Je venais de me faire larguer et bon, il fallait que je m'épanche. Pas très intéressant, mais cela a au moins eu le mérite de m'éviter de payer un psychologue.

Plus sérieusement, je vais parler un peu de ma lointaine vision de la crise de la recherche en France. Cela m'intéresse car, étant chercheur moi-même, je suis en train de me poser pas mal de questions sur un éventuel retour en France. Tout d'abord, j'ai fait ma thèse en Allemagne et je suis actuellement chercheur à Londres. Je n'ai été qu'étudiant en France.
La situation en France est inquiétante, non du fait des chercheurs, qui n'ont pas à rougir par rapport à leurs collègues de l'étranger. Les labos français, en terme de publications, sont souvent dans les cinq premiers. Les discours de la droite sur un supposé déficit de qualité de la recherche française sont donc mensongers et démentis par les faits. Malheureusement, cette majorité semble être caractérisée par un déni de la réalité et une raideur idéologique rarement atteinte, à part peut-être dans l'administration Bush ou en Corée du Nord. À moins que ce ne soit qu'un anti-intellectualisme primaire de bon aloi quand on veut être démago. Ce qui n'est pas du tout le genre de Nicolas Sarkozy, oh non, pensez-vous...

En écoutant le discours du gouvernement, de Sarkozy, et de certains éditorialistes on peut se demander ce qu'ils veulent. Que des plumitifs aux ordres existent, ce n'est malheureusement pas une nouveauté, même si cela ne laisse pas d'étonner. Le gouvernement est dans son rôle, à savoir, essayer de faire prendre des vessies pour des lanternes à la majorité de la population. C'est d'autant plus facile en ce qui concerne la recherche ou l'université que ces milieux sont mal connus et donc faciliement sujets à caricature.

Je ne vais pas entrer dans le détail des réformes. Il y a suffisamment d'articles, d'infos, notamment ici pour satisfaire les curieux. À ceux qui se plaindraient d'une éventuelle partialité, ils n'ont qu'à lire les articles du point, les éditos de Franz-Olivier Giesbert ou de Sylvie Pierre-Brossolette pour avoir l'autre point de vue. Je prétends à l'objectivité quand je suis à la paillasse ou que j'écris un papier, pas quand je parle politique. Et dans ce billet (et sûrement d'autres à venir, je parle politique, donc...).

Bon, en dernière analyse, les impressions qui se dégagent de ces réformes sont que :

1 - la droite veut détruire l'indépendance de la recherche, surtout des sciences humaines, ces repèrent de gauchistes qui produisent des outils utiles pour comprendre les mécanismes de domination qui existent dans nos sociétés. D'où un pouvoir accru aux présidents des universités et, je suppose, un contrôle accru sur les directeurs du CNRS, de l'INSERM, de l'INRA...

2 - la recherche fondamentale ne sert à rien : elle ne rapporte pas d'argent à court terme, il faut donc la remplacer par une recherche appliquée plus rentable (en théorie). D'où les crédits d'impôts aux entreprises finançant la recherche. Problème, aucun système de contrôle n'est mis en place pour s'assurer que les entreprises bénéficiaires participent effectivement à l'effort de recherche. Cette mesure, présentée par le gouvernement comme une aide au financement de la recherche n'est en fait qu'un cadeau déguisé de plus aux entreprises. C'est le MEDEF qui se frotte les mains. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche est une diplomée d'HEC qui n'a jamais dû mettre les pieds dans un labo autre que d'analyse médicale.

3 - la droite en a marre de ces chercheurs financés sur des projets qu'elle ne peut pas comprendre (la droite ne comprend que les projets scientifiques ayant trait à la sécurité, au contrôle des populations, au militaire) et veut donc être plus dirigiste sur les recherches effectuées. D'où la création de l'ANR, qui finance 70% de projets entrant dans un cadre défini au préalable (par qui ?) et seulement 30% de projets "blancs" (à l'inverse de la DFG allemande, par exemple).

Alors, on a beau jeu, à Matignon, à l'Élysée et ailleurs de dire que les universités françaises sont mal classées. Le problème c'est qu'il faut savoir de quel classement l'on parle. La France a des spécificités : les grandes écoles et les grands organismes de recherche. Ce qui fait que si le classement est effectué sur le taux de jeunes diplômés ayant trouvé un emploi six mois après être sortis de l'universités, par exemple, les "Grandes écoles" seront favorisées en France, alors que dans les autres pays, les universités sont favorisées par rapport aux écoles d'ingénieur, qui ne sont que le second choix. De même, la double appartenance des chercheurs en France (une université et un organisme de recherche) fait que, souvent, l'organisme apparaît comme la première affiliation dans les publications, aux dépends de l'université. Ce n'est pas le cas ailleurs. Donc si le classement est effectué sur les publications produites par les universités, les universités françaises seront automatiquement défavorisées.
Ces deux exemples ne signifient pas que les universités françaises sont mauvaises, simplement que les classement internationaux ne sont pas adaptés à la réalité française. Au-delà du fait que la pertinence de ces classements est discutable, le fait qu'ils soient utilisés par la droite régimaire pour justifier la destruction du système de recherche français (sous prétexte de le réformer) est proprement scandaleux et en dit long sur ce que ce gouvernement est prêt à faire pour arriver à ses fins.

Maintenant, la question est, pour les chercheurs, que faire ? Le gouvernement n'a pas bougé à part sur de fausses concessions dont tout le monde sait qu'elles ne sont même pas symboliques. La pression s'accroît sur les enseignant-chercheurs d'un point de vue financier et légal. Les vacances universitaires approchent et l'autre question qui se pose est la suivante : que va-t-il se passer pendant, et après, l'été à venir ? Comment va rebondir la contestation ?

Une chose est sûre : je n'ai pas fait cinq ans d'études et pas mal d'années de thèse pour me faire cracher à la gueule par un président qui érige la vulgarité et l'inculture en méthode de gouvernement. Si il considère que je suis un parasite, il peut aller se faire foutre, je ne vais pas rentrer en France pour engraisser par mes impôts un type qui considère que l'intelligence se trouve au niveau du portefeuille.

29 juin, 2005

Après le caniche du medef, le berger allemand du medef

Après un gouvernement qui se voulait patelin, et qui n'était en fait pas si éloigné du paternalisme le plus pétainiste qui soit ; on nous propose, cette fois, un gouvernement plutôt orienté "biscoteaux". Après deux semaines aux manettes, Villepin et Sarkozy font définitivement dans la gonflette. A croire qu'ils font un concours, que lors d'un coktail trop arrosé au Moët et Chandon, ils ont parié sur la surenchère. Avec un thème central : les français sont des fainéants, nous allons les remettre au travail, qu'ils le veuillent ou non !!! Et gare aux resquilleurs, aux insolents qui prétendraient ne pas faire un boulot de merde payé des miettes ! Villepin à l'assemblée, Sarkozy à la Courneuve, mais un seul et même combat : le mépris des pauvres, fainéants par essence. Que Sarkozy déblattère son racisme de classe sans que personne ne s'en émeuve (cf. libération du 30 juin 2005), dit assez l'état de la France et de ses "intellectuels", dont bon nombre sont passés du statut de compagnons de route des staliniens à celui d'idiots utiles des gouvernants.
Que Villepin organise la casse du code du travail sans que personne ne s'en émeuve outre mesure n'est pas moins révélateur. Il fut un temps - je n'étais pas né, hélas - où de telles attaques, un tel mépris auraient soulevé un tollé. Aujourd'hui, rien... Une pensée unique qui s'est imposée partout, transformant les journalistes en prescripteurs d'opinion, voire...
Mais est-ce la vraie raison ? Ou le copinage dénoncé par Pierre Carles, caché à l'époque, n'a plus à craindre de s'afficher ? Je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse. Si elle se vérifie, cela en dit long sur le sentiment de toute puissance que politiques et journalistes d'opinions ont. La leçon du 29 mai ne leur aura apparemment pas suffit. La prochaine fois, il faudra peut-être être plus clair.

31 mai, 2005

Serge July, le mépris et le mensonge.

Il est étonnant de constater comment les intellectuels en général, et ceux qui se disent de gôche en particulier, affichent un mépris souverain pour l'expression populaire. Aujourd'hui, 30 mai 2005, jour de gueule de bois pour tous ceux qui auraient voulu nous faire avaler des couleuvres, c'est encore plus flagrant. Je n'ai lu, par masochisme, il faut bien l'avouer, que l'éditorial de July sur le site de libération. Et cela m'a suffit. Il n'était plus la peine pour moi de me rendre sur le site du monde ou de je ne sais quel média dominant... Je savais ce que j'allais trouver dans cet édito. Mais on a beau tenter de s'y habituer, c'est toujours fascinant et révoltant de voir à quel point on peut prendre les gens pour des imbéciles. Simplement sous le prétexte que l'on détient la vérité. Et là, July fait très fort. Il pratique bien sûr un amalgame de circonstance entre le vote souverainiste, voire d'extrème droite, et les votes de gauche (il n'est qu'à voir son laïus pitoyable sur le plombier polonais, comme si le vote de gauche ne prônait pas une solidarité internationale qui se traduirait par des salaires équivalents dans toute l'Europe). Ce qui est déjà révoltant en soi, mais, à la réflexion, on pouvait s'y attendre : le chantage sur le vote commun avec le FN, de Villiers ou le MNR était un argument constant des oui-oui soi-disant de gauche. Mais quand July écrit que les électeurs de gauche ont voté par colère, peur, ignorance... C'est vraiment dénier la possibilité aux gens d'avoir leurs propres opinions. On croirait entendre Raffarin parler du malaise des enseignants. Ou comment disqualifier une idée par des diagnostiques. Que les électeurs aient voté par colère, soit... Qu'ils aient refusé de cautionner une politique décidée conjointement par Paris et Bruxelles, certes... Qu'ils aient eu peur... Qu'ils soient ignorants... Dire, écrire cela, c'est nier le fait que les individus peuvent se déterminer eux-mêmes, en fonction de leurs expériences, de leurs convictions aussi. C'est enfin les infantiliser, un procédé à la mode depuis la sortie sur "la France d'en bas" de Raffarin, refuser le fait que ce vote soit un vote de raison. Car les convictions, que l'on soit d'accord ou non avec, sont toujours affaire de raison, de réflexion. Et pourtant, les gens ne sont pas dupes... Ils voient tous les jours les conséquences du libéralisme, dans la casse des services publics, notamment, et dans le creusement des inégalités, n'en déplaisent aux analystes des indices macro-économiques. Ils savent pertinemment ce que signifierait une telle constitution pour leur vie quotidienne. Est-ce là de la peur ? Refuser de se faire opprimer, est-ce de la peur ou au contraire, une révolte salutaire ? Et que dire, de toute façon des argumentaires des pro-oui ? Quand ceux-ci n'étaient pas du chantage "au vote comme leFN", ils se résumaient à perdire une catastrophe pour la France et pour l'Europe, une perte d'influence, un isolement de la France... Une autre forme de chantage. Pour ma part, les seuls arguments en faveur du oui qui ne ressemblaient pas à un chantage que j'ai pu lire ont été ceux sur la charte des droits fondamentaux, dont tout le monde sait qu'elle n'est absolument pas contraignante. Rien sur la partie III, dont j'ai lu que certains proclamaient partout qu'il ne fallait pas la lire, qu'elle n'apportait rien de nouveau... Certes, à la différence près qu'elle constitutionnalise une politique économique et des traités qui auraient pu autrement être dénoncés. Et cela, qu'on le veuille ou non, c'est vraiment nouveau... A part peut-être dans la constitution de l'ex-URSS...
Pour ma part, le fait que cette constitution appelle les états à renforcer leurs capacités militaires (seul poste de dépense publique à bénéficier d'un tel traitement, d'ailleurs, mais qu'en est-il des écoles, des hôpitaux, postes ?), était déjà rédhibitoire en soi. Sans parler de l'autoriser explicite de pratiquer le meurtre dans le cas "d'arrestation régulière", d'évasion, ou d'insurrection ? On tend là vers une Europe non seulement agressivement libérale, mais aussi militariste et policière. Ce qui, somme toute est logique... Au train où cela va, on reverra bientôt des scènes comme lors des grèves de Fourmies, lors desquelles les mineurs se sont fait massacrer par l'arméé. Je ne doute pas que cela fasse partie des rêves mouillés d'un Seillière ou d'un Sarkozy... Cela est plus étonnant de la part d'un July. M. July aurait-il, après s'être égaré dans sa jeunesse, choisit sa classe sociale ? On dirait. A cet égard, on peut relever que le fait, pour les tenants du oui et les autorités européennes, de dénoncer en Ouzbékistan ce que la constitution européenne prône ici en dit long sur leur hypocrisie. Je pourrais développer, mais je pense que cela suffit pour aujourd'hui

29 avril, 2005

Un référendum ? Non, un cataclysme pour les intellectuels

On peut le penser en effet. Quoi de pire que le peuple qui s'exprime ? Nos éditorialistes s'en donnent à coeur joie à ce sujet. Et, contrairement à leurs prétentions, à leur capacité auto-proclamée à comprendre et expliquer la complexité aux pauvres hères que nous sommes le monde et ce qu'il faut en penser, ils tombent sur ce sujet au moins dans une passion qui, par définition, se passe parfaitement d'arguments rationnels. Alors, y-a-t'il un danger à voter non au traité constitutionnel européen ? Apparemment, oui, la route à l'enfer libéral serait ouvert, rien ne pourrait plus arrêter la marche du capitalisme triomphant... Que d'autres partisans du oui disent, eux, qu'il ne faut pas lire le titre III car il ne contient rien de nouveau, que toutes les dispositions libérales qui y sont écrites sont déjà appliquées ne semble gêner personne. On peut se demander si ces "faiseurs d'opinions" ne sont pas un peu... Ou ils prennent les individus pour des imbéciles. Mais le pire sont les politiques, qui, à l'instar de DSK, estiment que ce référendum est une connerie. Ces gens-là n'aiment décidémment pas le risque. Voir le peuple les désavouer... Quelle horreur !!! Déjà que le dégoût de la politique ne leur pose aucune question. La démocratie n'est bonne que si elle va dans leur sens. Mais au nom de quoi serions-nous dépossédés d'un choix qui conditionnera nos vies futures ? La réflexion de DSK en dit long sur ses conceptions de la démocratie. Le fait qu'il s'agit d'un traité entre plusieurs états ne change rien à l'affaire : nos vies nous appartiennent. A cet égard, voter oui ou non importe peu. Au final, c'est cette dynamique, initiée par ceux-là même qui voudraient la détruire, qui importe. Que les individus s'aperçoivent que oui, leur vie leur appartient, et que, oui, les choix des politiques, la leur confisque, d'une certaine façon, est un pas décisif vers la fin de la moutonnerie électorale. Si vous vous êtes réveillés, ne vous rendormez pas !!! Ce serait dommage d'avoir à subir ce système encore longtemps.

20 avril, 2005

Introduction

Encore un !? Ben oui, encore un... Après tout, je ne vois pas pourquoi moi, Camillo Berneri, je n'aurais pas, comme tout un chacun, le droit d'exprimer mes points de vue à la face du monde. Ok, le titre du blog n'est pas original du tout... Il se trouve qu'avant de décider de blogger à mon tour, j'ai fait un petit tour sur la Toile et, ma foi, des titres originaux, il y en a plein. Comme, en plus, je viens de créer ce blog en attendant une collègue pour aller boire des Mass à la Frühlings Fest de Stuttgart... C'est un blog d'urgence, quoi... Une excuse pour ne pas lire de publication et pour ne pas trouver quelque chose de plus productif du point de vue du travail. Un, des, point de vue donc...
Aujourd'hui... Je sais pas trop... Je pourrais... Réagir à l'actualité, tiens... Et oui, cessons de tolèrer le monopole des chroniqueurs, des éditorialistes et autres intellectuels sur l'actualité et son interprétation. Exprimons nous aussi. Vu les conneries qu'ils racontent tous autant qu'ils sont, nous ne pourrons faire pire, ni dans le mensonge, ni dans l'approximation, ni dans le mépris aux lecteurs. Non, je ne suis pas un anti-intellectuel primaire... Mais je dénie le droit à certains d'entre eux, confits dans la révérence et le soutien au système, de nous donner des leçons de quoi que ce soit. Ce qui m'horripile le plus, c'est leur manie de présenter leurs opinions comme des vérités quasi-révélées et en tout cas intangible... Messieurs les éditorialistes, taisez-vous... Ou exprimez vos opinions comme des opinions, et non comme des faits. Et laisser les gens vivre et penser par eux-mêmes sans que vous soyez là pour leur donner des cours. Rien n'est plus insupprotable que leur morgue face à aux malheureux qui n'auraient pas la bonne idée d'être d'accord avec eux. En ce moment, par exemple, les voilà sûrement en train de gloser sur l'élection du nouveau pape, des enjeux pour les cathos et le monde, sur la supposée fierté des allemands. Comme je vis en Allemagne, je peux vous dire que la plupart s'en foutent. S'ils ne pensent pas que ce pape-là ne vaut pas mieux que le précédent. Mais quand on considère que les micro-trottoirs complaisants et politiquement corrects sont de l'information. Et, bien plus, qu'ils représentent, statistiquement parlant, l'opinion de la majorité de la population... Forcément, cela fausse l'analyse. Analyse qui va elle-même déterminer la façon dont l'info sera construite. Oui, j'écris bien construite et pas recherchée : pour nos dirigeants, patrons de presse et éditorialistes "idiots utiles" du capitalisme, l'info est un produit comme un autre. Le moindre des paradoxes n'est pas celui qui consiste pour ces plumitifs à dénoncer certains mouvements sociaux (les intermittents par exemple) lorsque ceux-ci décident de se rendre visible... Mais voilà, rien ne peut les descendre de leur piedestal, qui pourtant est loin d'être mérité...